OUTILS D’ECO-CONCEPTION – Analyse de Cycle de Vie

 

Table des matières

1. Présentation

1.1 Principes de l’ACV

1.2 Les différentes phases de l’ACV

1.3 Les caractéristiques des résultats d’ACV

1.4 Les exigences de l’ACV

1.5 Les limites de l’ACV

2. Les outils

3. Exemples de résultats d’ACV

3.1 ACV d’un téléphone portable

3.2 ACV comparative de sacs de caisse

3.3 ACV d’un compteur d’eau éco-conçu

4. Références

5. F.A.Q

1. Présentation

 

L’analyse de cycle de vie ou ACV est une approche permettant d’estimer l’impact environnemental d’un produit ou d’un service tout au long de son cycle de vie. Il existe actuellement deux normes qui régissent l’ACV :

– La norme ISO 14 040 : Elle définit les principes et le cadre de l’ACV.

– La norme ISO 14044 : Cette norme précise quant à elle les exigences relatives à l’ACV et les lignes directrices pour la réalisation d’une ACV.

1.1 Principes de l’ACV

 

  • Une approche basée sur le cycle de vie :

L’ACV s’articule autour de plusieurs principes. Tout d’abord, il s’agit d’une approche basée sur le cycle de vie. Il est nécessaire d’intégrer l’ensemble des étapes de la vie d’un produit. On distingue généralement les phases suivantes :

– L’extraction des matières premières ;

– La fabrication du produit ;

– Sa distribution ;

– L’utilisation du produit ;

– La fin de vie : recyclage, incinération, enfouissement, etc.

On retrouve également toutes les étapes de transport qui ont lieu au cours du cycle de vie du produit.

Cette approche orientée cycle de vie permet d’adopter une démarche systématique et d’éviter tout transfert d’impact d’une phase du cycle de vie vers une autre (exemple de transfert de pollution: changement de matériau qui permettrait une diminution de la consommation de ressources non renouvelables lors de la production mais qui causerait une augmentation de la pollution des eaux lors de l’élimination des produits).

  • Une approche environnementale :

Le second principe de l’ACV est qu’il s’agit d’une approche environnementale. Cette approche s’intéresse aux impacts environnementaux d’un produit, par conséquent les impacts sociaux ou économiques ne sont pas pris en compte dans cette démarche.

  • Une approche relative :

Il est également important de savoir que l’ACV est une approche relative. En effet, avant toute chose il est nécessaire d’établir l’unité fonctionnelle qui servira pour l’ACV. Cette unité fonctionnelle permet de quantifier le service rendu par un produit. Exemple d’unité fonctionnelle d’un téléphone portable :

« Utiliser un téléphone portable pendant 11 minutes par jour et sur une durée de 2 ans ».

La notion d’unité fonctionnelle rend les résultats d’une ACV relatifs, il ne s’agit pas de résultats absolus et la comparaison de résultats de deux ACV ne peut se faire que sur la base d’une unité fonctionnelle identique.

  • Une approche transparente :

La transparence est également l’un des principes essentiels lors de la réalisation d’une ACV, afin de garantir une bonne utilisation des données et une interprétation correcte des résultats.

  • Une approche scientifique :

La réalisation d’une ACV est prioritairement basée sur une approche scientifique et sur un principe de complétude, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une approche transversale prenant en compte le plus grand nombre d’aspects environnementaux possibles (impacts sur l’air, l’eau, le sol, etc.)

1.2 Les différentes phases de l’ACV

 

Une analyse de cycle de vie se décompose en quatre phases :

1) La définition de l’objectif et du champ de l’étude :

Il s’agit de la phase pendant laquelle sont définis notamment l’objectif et le périmètre de l’étude, l’unité fonctionnelle, s’il s’agit d’une étude comparative ou encore les destinataires de l’étude (industriel, grand public, autre).

2) La phase d’inventaire de cycle de vie :

C’est la phase la plus importante de la réalisation d’une ACV. Il s’agit de collecter toutes les informations relatives aux flux entrants et sortants sur le cycle de vie du produit. Les flux entrants sont par exemple les matières premières utilisées, l’énergie consommée, etc. Les flux sortants concernent les émissions dans l’air, l’eau, le sol, ou encore la production de matières recyclées.

3) L’évaluation des impacts :

Une fois l’inventaire terminé, l’étape suivante consiste à évaluer les impacts pour l’ensemble des impacts environnementaux choisis pour l’étude associés à chacun des flux répertoriés au cours de l’inventaire. L’évaluation de ces impacts peut notamment s’effectuer au travers de modèles de caractérisation.

4) L’interprétation des résultats :

Une fois l’évaluation des impacts réalisée, la dernière phase de l’ACV est l’interprétation des résultats. Cette interprétation vise à présenter les résultats de l’ACV en accord avec les objectifs de l’étude. L’interprétation peut donner lieu à des recommandations concernant l’utilisation du produit ou des pistes de re-conception visant à réduire les impacts environnementaux potentiels du produit étudié. Au cours de l’interprétation, il est parfois possible de distinguer la phase du cycle de vie la plus impactante ou encore de déterminer l’origine des impacts environnementaux les plus significatifs.

Figure 1 : Les différentes phases de l’ACV selon la norme ISO 14040.

1.3 Les caractéristiques des résultats d’ACV

 

On distingue deux caractéristiques essentielles d’une analyse de cycle de vie.

Tout d’abord, une ACV ne permet d’évaluer que les impacts potentiels d’un produit ou d’un service sur l’environnement. Il ne s’agit en aucun cas des impacts réels générés par un produit ou un service.

Ensuite, l’ACV est une approche multicritère qui s’intéresse à plusieurs aspects environnementaux différents. Par conséquent, il n’est pas possible d’agréger les résultats de la phase d’évaluation des impacts au travers d’un score unique. (Exemple : pas d’addition possible entre les impacts sur l’eau et les impacts sur l’air d’un produit !).

1.4 Les exigences de l’ACV

 

Parmi les exigences notables pour la réalisation d’une analyse de cycle de vie, on peut citer l’exigence de qualité des données. Celle-ci doit être cohérente avec les objectifs de l’étude (comparaison de produit, re-conception de produit, communication, etc.).

L’autre exigence concernant l’ACV est l’exigence d’une revue critique. La revue critique est un processus selon lequel les résultats d’une ACV sont analysés par une partie externe à l’étude mais également par les parties intéressées. La revue critique permet d’assurer la cohérence des résultats vis-à-vis des objectifs de l’étude mais aussi de leur apporter une crédibilité supplémentaire.

1.5 Les limites de l’ACV

 

Bien que l’analyse de cycle de vie soit une méthode globale permettant d’évaluer les impacts d’un produit sur l’environnement, certaines limitations sont à prendre en compte. Tout d’abord, comme décrit précédemment, il ne s’agit que d’évaluer les impacts potentiels et non réels, mesurés d’un produit ou d’un service.

De plus, les résultats sont particulièrement dépendants des hypothèses choisies au début de l’étude (périmètre de l’étude, unité fonctionnelle, etc.) mais aussi de la qualité des données (disponibilité, confidentialité, complexité, etc.). De ce fait, la réalisation de ce genre d’étude requiert un niveau de connaissances et de compétences important dans le domaine.

En ce qui concerne la conception de produit, l’un des facteurs limitants de l’ACV est le volume de données nécessaire à la réalisation de l’étude. Lors du développement d’un nouveau produit, l’analyse de cycle de vie nécessite d’avoir une connaissance suffisamment avancée du produit et donc d’avoir arrêté un nombre important de choix techniques qui détermineront par la suite l’impact du produit.

Enfin, l’analyse de cycle de vie étant centrée sur l’évaluation des impacts environnementaux d’un produit, il n’est pas rare que les recommandations qui peuvent émerger de l’interprétation des résultats soient en conflit avec d’autres intérêts liés au produit tel que des considérations économiques ou sociales.

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2. Les outils

 

Il existe à l’heure actuelle un très grand nombre d’outils d’analyse de cycle de vie. Certains de ces logiciels comportent des bases de données permettant de réaliser l’inventaire de cycle de vie. Ces logiciels proposent également des méthodes d’évaluation pour classer et caractériser les impacts sur un certain nombre d’indicateurs.

Parmi ces logiciels on peut citer les suivants :

– Simapro – Edité par Pré Consultants http://www.pre.nl/

– GaBi – Edité par Pe-Internationnal www.gabi-software.com

– Umberto – Edité par IUF Hamburg http://www.umberto.de/en/

– EIME – Edité par Bureau Veritas CODDE http://www.codde.fr/– TEAM – Edité par ECOBILAN http://ecobilan.pwc.fr/fr/boite-a-outils/team.jhtml

– SIEC – http://www.acv-siec.fr/siec/index.php

Certains logiciels sont dédiés à des secteurs particuliers comme le bâtiment (Eco-Bat, Equer, …).

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3. Exemples de résultats d’ACV

 

3.1 ACV d’un téléphone portable

 

Les résultats d’une ACV peuvent aboutir à des recommandations quant à l’utilisation du produit, comme dans le cas d’une ACV réalisée par la société CODDE pour l’ADEME.

  • Produit étudié :

Un téléphone portable moyen de seconde génération.

  • Unité fonctionnelle :

« Utiliser un téléphone portable pendant onze minutes par jour sur une durée de deux ans ».

  • Destinataire des résultats de l’étude :

Le grand public susceptible d’acquérir ou de renouveler un téléphone portable.

  • Les résultats de l’étude :

Suite à cette étude les résultats ont montré l’importance de la phase de fabrication de ce genre de produit sur son cycle de vie. Les recommandations issues de cette étude sont :

– Eviter les modèles avec de larges écrans LCD, qui possèdent une fonction GPS ou à clapet.

– Ne pas laisser brancher le chargeur lorsque celui-ci est inutilisé, utiliser si possible un chargeur à dynamo.

– Allonger la durée d’utilisation de son téléphone avant de le renouveler.

– Faire recycler son ancien téléphone plutôt que de le stocker lorsque celui-ci n’est plus utilisé.

Cette étude a fait l’objet d’une page internet permettant au grand public de tester l’influence de ses habitudes d’utilisation d’un téléphone portable sur l’impact environnemental de celui-ci.

Lien vers l’outil d’évaluation « les impacts de votre téléphone portable »

3.2 ACV comparative de sacs de caisse

 

Le second cas est une étude comparative commanditée par une enseigne de la grande distribution sur différents types de sacs de caisse. L’objectif étant ici de proposer à ses clients la solution la moins impactante.

  • Produits étudiés :

Plusieurs produits ont été étudiés ici, les sacs plastiques jetables, les sacs plastiques réutilisables, les sacs papier ainsi que les sacs biodégradables.

  • Destinataire de l’étude :

L’enseigne de grande distribution à l’origine de l’ACV.

  • Unité fonctionnelle :

« Emballer 9000 litres de marchandises achetées en magasins ».

  • Résultats de l’étude :

Les résultats de cette étude ont mis en évidence l’intérêt de l’utilisation des sacs plastiques réutilisables dans la mesure où ceux-ci sont effectivement réutilisés un nombre de fois suffisamment important par rapport à des sacs plastiques à usage unique.

3.3 ACV d’un compteur d’eau éco-conçu

 

Le dernier exemple traite d’une étude de re-conception d’un produit existant. L’analyse de cycle de vie du compteur existant a permis d’orienter les choix de conception et de remplacer le corps du produit en laiton par un matériau composite permettant d’alléger le poids de l’objet et d’en réduire les impacts environnementaux.

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4. Références

– Norme ISO 14044 : http://www.iso.org/iso/fr/catalogue_detail?csnumber=37456

– Analyse de cycle de vie d’un téléphone portable. (étude réalisée par CODDE pour l’ADEME – 2008) – http://www.ademe.fr/internet/telephone-portable/site-web/portable.pdf

– Analyse de cycle de vie comparative des sacs de caisse (étude réalisée par Ecobilan pour l’ADEME – 2004) – http://www.ademe.fr/htdocs/actualite/rapport_carrefour_post_revue_critique_v4.pdf

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5. F.A.Q

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